A Cambodian adventure: a journey into impermanence

Arrival in CambodiaArrived last night exhausted after digesting 3 long flights. Passing customs, we stepped onto the street into the balmy evening in search of a taxi to transport us and our backpacks to the centre of Phnom Penh for a mere 7USD. The 30-minute drive weaving in and out of tuk tuks, cars and motorcycles with frequent honks and stops and starts offered us a small introduction into Cambodia’s capital and second most popular tourist destination.

Set in the heart of Phnom Penh’s colonial district with the Royal Palace just minutes by foot, we settled on a small yet simple guesthouse with a pool for Noa on tiny off street called ‘’Saint’’, possibly a hint from divinity, as we would soon meet many many saints. Sarat warmly greeted us at the white rod iron gate lead, up a narrow open- air staircase lined with candle lit votives, passed a beautiful terrace suspended over a calm residential street where kids shoot marbles, mothers cook and their spouses play cards for high stakes, through some large glass doors and into a spacious lounge with a wooden counter acting as a front desk. Sleepily we handed over our passports, two of them that is. In the short time from the airport to the guesthouse we had managed to lose one en route. Within seconds we realized that this was not a good thing but Sarat and Arun with calm gentle smiles assured us that there was nothing to worry about tonight. We wondered but this became the mode… tomorrow.

Our room was on the 2nd floor of this 1950’s home of 8 guest rooms in total. Up a winding wooden spiral staircase, we entered a spacious white walled tastefully decorated room with colossal ceilings, a suspended mosquito net that we never used, and tiny bathroom. Noa was interested in one thing only, the mysterious pool which we questioned it’s where abouts. The building was constructed in height with the kitchen on the ground floor, the terrace and a few rooms on the second, the third housed another few rooms so we supposed that the pool was on the roof. Intrigued, we had a look. No pool but remembered that it was advertised. Sarat, looking as calmly as could be in a very friendly voice repeated ‘’Oh, no worries, I will call my friend who has a tuk tuk and he will take you over to the pool of a friend of a friends’’. That was it, as simple as that like the passport and many other things to come.

Despite the lack of sleep, we descended the spiral stairwell, passed the glass doors, down the candle lit steps and though the iron gate onto Saint St., which was poorly illuminated. Just meters from the entrance, off the curb and in the gutter Noa saw a white cross. Sure enough Sarat was right. The saints were with us and the third passport turned up as mysteriously as it had disappeared.

We slept like logs, had an amazing breakfast and set out on foot for an all day walk through horrific traffic, suffocating heat, an array of smells ranging from sweet incense to ”you don’t want to know what”, piles of rubbish and warm inviting smiles. Made contact with Isabelle, a Canadian, who founded Nataraj Yoga and who would supply us with a bit of karma yoga. She is another saint doing incredible work in the midst of chaos teaching ex-pats and also highly dedicated to promoting community outreach programmes. She is strong, balanced with a great sense of warm-hearted humor: www.yogacambodia.com.

We visited S21 (Tuol Sleng or poisonous hill or worthy of guilt), the equivalent to Auschwitz, a local school that was turned into hell during the 1975 Pol Pot regime. Thousands of children, adults and foreigners were tortured for months in ways you could never imagine. Some just too graphic photos (not for the weak hearted) for even the most demented to digest where floors of former classrooms were divided up into torture chambers and primitive individual cells that one wouldn’t dare house a pig. Enough to question humanity and its goodness and cause nightmares for even the deepest of sleepers.

Caught in a 10-minute rainstorm, which was actually a welcome surprise. Stopped for dinner. Washed down fish Amok with cold beers and fresh lemon juice. Tomorrow, up early to visit the Killing Fields before meeting with Isabelle for our karma yoga.

The journey into the unknown has begun and there is no turning back.

Explorez la puissance du yoga

La puissance du yogaIl n’est même pas 6h00 du mat et je me trouve assise sur un “sticky mat” (un tapis anti-dérapage) dans mon premier cours de yoga. Pourquoi ? D’une part à cause de la fatigue et de l’ennui de retourner suivre mon cours d’aérobic habituel, d’autre part à cause d’une curiosité refoulée et peut-être c’est le hasard aussi (s’il existe).

Malgré une lumière tamisée, je scanne la pièce: une vingtaine de femmes et d’hommes de tout âge, de toute corpulence et de tout style en train de “se stretcher” dans un silence absolu. Bizarrement, ils “pratiquent” sans motivation de l’extérieur, sans professeur.

Quant à moi, j’ai des attentes, bien entendu. Un cours de relaxation et un peu de stretching avec la musique douce. Sûrement, il y a aussi un ennui bien prononcé. Je connais cet ennui que j’éprouve dans beaucoup de situations de ma vie. Ma solution? Je comble l’ennui en laissant mon esprit vagabonder dans les scénarios élaborés et imaginés tout en laissant mon corps suivre les mouvements machinalement. Il n’y a pas de raison pour que ce cours soit une exception.

La pratique guidée commence. On démarre avec une respiration comparable à celle de Dark Vador dans la “Guerre des Etoiles”, en passant par les mouvements rapides et enchaînés, sans répit. Je tente de suivre en me concentrant sur les élèves. Je perds mon équilibre et mon calme. Quatre-vingt-dix minutes d’intensité, de frustration, de déséquilibre, de transpiration, de manque de concentration, de comparaison et d’inconfort.

À présent, couchée sur mon tapis en savasana (position du cadavre) je constate que quelque chose me touche profondément. Il y a des petites fenêtres de calme, de bien-être. Est-ce que c’est l’intensité du regard des élèves, leur concentration pendant ces 90 minutes? Ou peut-être la synchronisation indéniable de leurs corps et leur souffle? Ou peut-être leur souplesse et incroyable maîtrise des mouvements? Oui, c’est tout ça et beaucoup plus. Une connexion, une présence parfaite, comme si tout était en harmonie et qu’il n’y a pas de place à laisser pour se glisser entre cet enchaînement écoulé.

Dans aucun autre sport ni activité physique j’ai pu témoigner d’une telle maîtrise, une telle force, une telle concentration, une telle intégrité et un tel calme. Je viens de vivre ma première expérience de Power yoga. Je suis captivée.

Pour moi, cette expérience inouïe est le commencement d’un long voyage, parfois pénible, parfois joyeux mais toujours transformatif. Je sais que ma vie ne sera plus jamais la même!

Une journée d’une Yogini

Journée d'une yoginiIl est 6h00. Le soleil ne pointe pas encore à l’horizon. J’allume une bougie afin de mieux éclairer la pièce et je déroule mon tapis. Epuisée et tendue après une nuit écourtée à cause de mon enfant grippé, je pose mes pieds fermement sur le tapis et je prends contact avec mon souffle. Je sens mes orteils qui se détendent avec chaque expiration et le poids de mon corps qui se relie davantage à la terre. Et là, à ce moment, alors que le monde dort encore, mon corps se réveille tout en douceur en s’exprimant à travers un enchaînement de postures. C’est comme si mon corps prenait le relais des pensées et se laissait vagabonder dans une expression intuitive qui se transforme en méditation en mouvance. Rien à prouver, rien à faire, nulle part où aller… juste savourer ce rituel matinal.

Avec la fluidité de ma respiration, je me connecte de plus en plus à la sensation profonde de retourner chez moi. Tout est facile, tout est lucide. Je me sens connectée à moi-même et à l’énergie puissante de la terre et de l’univers. Mes quelques kilos en trop et mes impôts qui m’attendent ne me semblent guère importants. Non, je me sens intègre, légère et en dialogue avec moi-même.

Mon corps s’assouplit de plus en plus et les asanas deviennent de plus en plus faciles. La notion du temps perd tout son sens et s’étend vers l’infini. J’ai l’impression que les quatre coins de mon tapis reflètent comme un miroir mon état général, mes faiblesses, me peurs et mes limites. Ouf !

Vrischikasana, la posture du scorpion. Je la tente en réduisant mon champ de vision, mais je me laisse être déroutée par ma réflexion dans la fenêtre, “Oh, que j’ai l’air terne et fatiguée !’’ Evidemment, je perds mon équilibre et je tombe en arrière sur les fesses. Je reprends. Je focalise attentivement sur ma respiration lente et régulière qui ressemble au vent à travers les sapins. Je me recentre sur moi-même.

Assise en sukhasana, la posture dite facile, je tente d’allonger mon dos et j’oriente mon attention sur le va et vient du souffle. Dur, dur ce matin. Je repense aux paiements, aux vacances et à la poussière qui s’accumule sur les étagères des placards. Je permets à mes pensées de défiler et j’observe leur qualité et surtout la quantité de temps que je leur accorde. Au fur et à mesure, je me laisse glisser dans l’espace entre mes pensées et ces espaces s’allongent naturellement. Rien à faire sinon qu’être tout simplement. Parfois facile, parfois pénible. Peu importe, ce rituel matinal reste un moment pour moi, pour me ressourcer, m’entendre et m’accepter.

Ma vie sans le yoga serait comme ma vie sans rire.