Une journée d’une Yogini

Journée d'une yoginiIl est 6h00. Le soleil ne pointe pas encore à l’horizon. J’allume une bougie afin de mieux éclairer la pièce et je déroule mon tapis. Epuisée et tendue après une nuit écourtée à cause de mon enfant grippé, je pose mes pieds fermement sur le tapis et je prends contact avec mon souffle. Je sens mes orteils qui se détendent avec chaque expiration et le poids de mon corps qui se relie davantage à la terre. Et là, à ce moment, alors que le monde dort encore, mon corps se réveille tout en douceur en s’exprimant à travers un enchaînement de postures. C’est comme si mon corps prenait le relais des pensées et se laissait vagabonder dans une expression intuitive qui se transforme en méditation en mouvance. Rien à prouver, rien à faire, nulle part où aller… juste savourer ce rituel matinal.

Avec la fluidité de ma respiration, je me connecte de plus en plus à la sensation profonde de retourner chez moi. Tout est facile, tout est lucide. Je me sens connectée à moi-même et à l’énergie puissante de la terre et de l’univers. Mes quelques kilos en trop et mes impôts qui m’attendent ne me semblent guère importants. Non, je me sens intègre, légère et en dialogue avec moi-même.

Mon corps s’assouplit de plus en plus et les asanas deviennent de plus en plus faciles. La notion du temps perd tout son sens et s’étend vers l’infini. J’ai l’impression que les quatre coins de mon tapis reflètent comme un miroir mon état général, mes faiblesses, me peurs et mes limites. Ouf !

Vrischikasana, la posture du scorpion. Je la tente en réduisant mon champ de vision, mais je me laisse être déroutée par ma réflexion dans la fenêtre, “Oh, que j’ai l’air terne et fatiguée !’’ Evidemment, je perds mon équilibre et je tombe en arrière sur les fesses. Je reprends. Je focalise attentivement sur ma respiration lente et régulière qui ressemble au vent à travers les sapins. Je me recentre sur moi-même.

Assise en sukhasana, la posture dite facile, je tente d’allonger mon dos et j’oriente mon attention sur le va et vient du souffle. Dur, dur ce matin. Je repense aux paiements, aux vacances et à la poussière qui s’accumule sur les étagères des placards. Je permets à mes pensées de défiler et j’observe leur qualité et surtout la quantité de temps que je leur accorde. Au fur et à mesure, je me laisse glisser dans l’espace entre mes pensées et ces espaces s’allongent naturellement. Rien à faire sinon qu’être tout simplement. Parfois facile, parfois pénible. Peu importe, ce rituel matinal reste un moment pour moi, pour me ressourcer, m’entendre et m’accepter.

Ma vie sans le yoga serait comme ma vie sans rire.

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